Originaire de la province de Jujuy, à l’extrême nord de l’Argentine, Tiziano Cruz invite à l’accompagner sur les lieux de sa culture, auprès de « ses frères à lui » (wayqeycuna en langue quechua). Un voyage qui commence avec le tintement d’une cloche, fait de récits et d’images de montagne, mais aussi de rituels repris sur la scène. Des gestes simples et précis, comme un contre-modèle à la violence du monde, qui prendrait sa source dans le passé : dérouler un tissu, disposer sur une table des corbeilles de fruits et des petits pains que l’on cuisait autrefois en l’honneur des morts. Dans cette célébration intime où s’exprime aussi le deuil de la sœur disparue, l’artiste puise dans la tradition une force tranquille à opposer à la réalité de l’exploitation capitaliste, de l’autoritarisme politique et du colonialisme culturel. Aux rapports de force du monde, il substitue le temps d’une performance la douceur et la réconciliation, et donne à voir et à entendre, comme offert, un sentiment de communauté. Une manière de repenser le partage du sensible.
L’opéra sous le prisme des droits des hommes et des femmes au Théâtre National de la Sarre
Donner une voie posthume à des femmes guillotinées en 1794 pendant la Grande Terreur, combattre le totalitarisme ou donner la...
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