Le mal du pays
Que se passe-t-il quand on se sent emporté par la tornade de l’universalisme ? Est-ce qu’on se réveille comme Dorothée et son magicien d’Oz dans un monde enchanté, ou est-ce que le sol se dérobe simplement sous nos pieds ?
Au volant de sa voiture, entre les flocons de neige qui tombent et des chansons de Ginette Reno, Geneviève, avocate, est submergée par les larmes et les questions existentielles. Mais ce n’est qu’un peu plus tard que ses nerfs lâchent, dans sa chambre d’hôtel, quand elle n’arrive pas à faire marcher les différents objets qui fonctionnent à reconnaissance vocale. Cette chambre d’hôtel devient le théâtre de son journal intime…
La pièce Soeurs, de Wajdi Mouawad est la suite de sa pièce Seuls, créée en 2008. Les titres sont au pluriel, mais le comédien ou la comédienne est seul-e en scène. Ce sont des trajectoires individuelles qui nous parlent à tous, partout, tout le temps. Pour cette pièce, le metteur en scène se saisit à nouveau de ses thèmes privilégiés : l’exil et les souvenirs du pays natal, la relation à la langue maternelle, et la perte de celle-ci. Il pose les questions suivantes : comment exprimer dans une autre langue ses sentiments les plus profonds, les plus intimes, sans qu’ils perdent en authenticité ? Quand doit-on s’arrêter et se demander dans quelle direction on veut aller, avant qu’il ne soit trop tard ?
C’est une pièce tragicomique, qui jette une bouée de sauvetage à ceux qui se noient dans l’océan des possibles infinis. Pour qu’ils puissent s’arrêter un moment, réfléchir, et trouver les mots justes. (J.L.)
Avec Annick Bergeron
Photo © Pascal Gély
Pour en savoir plus
- Le site de Wajdi Mouawad
- Une critique sur telerama.fr
- Plusieurs podcasts sur Wajdi Mouawad sur franceculture.fr









