Un monde maléfique
Le metteur en scène Ludger Engels s’attaque au Mefistofele d’Arrigo Boito : une œuvre inspirée de Faust, audacieuse et provocante.
Librettiste des derniers opéras de Verdi, Arrigo Boito est tout ce qu’il y a de célèbre. A 26 ans, il resta au pupitre de la scala milanaise pour diriger lui-même, à la manière d’un artiste récalcitrant, son opéra Mefistofele, une œuvre obstinée et provocante… qui fût un fiasco lors de sa première représentation.
Suite à ce terrible échec, Boito avait dû raccourcir drastiquement sa version originale en 1875. Malgré ce remaniement, Mefistofele n’en reste pas moins une lecture moderne d’une des œuvres les plus vénérées du monde de la littérature. Le Faust, une tragédie de Goethe est le texte fondateur de cet opéra. Ce n’est pas une coïncidence si chez Boito le Mephisto, en tant « qu’esprit niant constamment », devient le personnage éponyme de son œuvre : il nous fait découvrir les méandres d’un voyage autour du monde, à la manière d’un Faust, où déjà-vu et inattendu se côtoient. Cet opéra résulte d’un jeu avec les traditions théâtrales, où nous ne pouvons être sûrs de savoir qui aura le dernier mot. Ici, le monde devient un espace vacillant et incertain…









