Dialogues lyriques
Le metteur en scène Robert Carsen et le chef d’orchestre Marko Letonja remettent au jour le célèbre opéra de Leoš Janáček, original tant par son fond que par sa forme.
C’est un opéra des plus originaux qu’a crée le célèbre compositeur tchèque Leoš Janáček en 1926. D’abord par le thème abordé, loin de ceux habituels. L’Affaire Makropoulos raconte une tragique histoire de succession, qui fait la une des gazettes et oppose les héritiers de deux familles dont les démêlés judiciaires durent depuis près d’un siècle. Le mystère de l’affaire s’épaissit par l’arrivée d’Emilia Marty, qui en sait plus que tous les vivants présents sur l’origine de la querelle… Sûrement car, ayant goûté une potion d’éternité dans sa jeunesse, elle était déjà là aux prémices du conflit. L’héroïne finira par comprendre que détenir le secret de l’Éternelle Jeunesse n’est peut-être pas le gage d’un bonheur assuré…
L’originalité de cette œuvre se retrouve aussi dans l’opéra en tant que genre musical : l’œuvre ne comprend ni airs, ni duos, ni ensembles, ni chœurs, ni interludes orchestraux développés. Seuls demeurent une récitation rapide et continue, une partie d’orchestre intense, des dialogues à la fois fluides et précipités, fondés sur une notation mélodique du langage parlé. Le rythme musical, exécuté par l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg et son chef d’Orchestre Marko Letonja, évolue en fonction de la psychologie des personnages. Ce qui confère toute son importance à une mise en scène très visuelle, soignée ici par Robert Carsen.
Un classique, pas si « classique » ! (M.G.)









