Quelle nouvelle phase après celle de l’amusement ? Pas une nouvelle ère, justement, mais un voyage déréglé dans le temps, une suite de sauts temporels, qui sont aussi ceux des danseuses, épuisants, et de langue, épurée. Chez Chara Kotsali, qui dit venir d’un lieu du Sud qui n’a jamais envoyé de fusée dans l’espace, le carburant est un savant mélange. Des corps tout d’abord, dans une chorégraphie coupée au cordeau qui cite macarena et parades militaires, manifestations de masse et aérobic (lorsque Kim Jong-il rencontre Jane Fonda), danses rituelles et pom-pom girl (mais n’est-ce pas finalement la même chose ?). Du son ensuite, soundtrack fait de tous les bruits du monde. Des mots enfin, ceux d’une poésie musicale qui scande les dates : celles des révoltes de la grande Histoire (1789, 1949, 1989), celles qui ponctuent l’histoire intime. Récit de soi autant que récit du monde, cette chronologie alternative est un travail de mémoire en forme de sample, qui nous rappelle que l’Histoire n’est pas linéaire, mais que c’est nous qui en écrivons la logique.
Saison 2026/27 du Théâtre National de la Sarre
Entre création contemporaine, grands classiques et découvertes artistiques, le Théâtre National de la Sarre ouvre une saison riche en rencontres....
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