New Flamenco
Entre soul, jazz et rythmiques africaines, la brûlante Buika réinvente de son timbre chaud le flamenco.
La voix est rauque, comme embrumée par les cigarettes, elle exprime une profonde sagesse. Mais elle sait aussi se faire tendre, sensible, voire naïve, quand elle chante En mi piel (Dans ma peau). La voix et la musique de Concha Buika n’entrent dans aucune catégorie. Elles trouvent leur source dans la passion débridée du flamenco, la mélancolie profonde de la soul et la liberté d’improvisation du jazz, le tout tissé d’éléments africains et afro-américains. Dans l’histoire de Buika aussi. De son vrai nom María Concepción Balboa Buika, elle est née à Palma de Mallorque de parents immigrés de Guinée Équatoriale. C’est à Palma qu’elle a découvert le cante jondo, la musique des Gitans espagnols, qu’elle interprète jusqu’à aujourd’hui d’une manière très personnelle, très ouverte, à la fois réaliste et authentique. Livrant des concerts et des émotions brutes, on a fait d’elle une rebelle, on l’a surnommée la reine du nouveau flamenco et on l’a comparée à Nina Simone, Cesária Evora, Billie Holiday. Si on retrouve bien ces influences dans les compositions de cette musicienne qui vit à Miami depuis 2010, elle n’en fait pas moins entendre une voix singulière et impose une présence volcanique, entre diva flamenca et african queen. (M.M.)
Photo © Javi Rojo









