Ceci est mon corps
Avec Bach / Passion / Johannes, un spectacle qui réunit cinq danseurs et sept musiciens, le chorégraphe Laurent Chetouane pose la question : qu’est-ce que croire ?
Alors que la Passion selon Saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach est centrée sur la souffrance du Christ, Laurent Chétouane a voulu s’attacher à celle selon Saint Jean, pour ce qu’elle présentait de philosophique. « Ça ne veut pas dire, nous précise-t-il, que Saint Jean occulte la souffrance, mais la balance entre la souffrance physique et la joie ressentie à travers l’éternité promise après la mort [lui] semblait plus équilibrée. » Le parti pris est audacieux dans la mesure où le chorégraphe donne corps au texte par la danse. Il le fait sans la volonté de représenter ce qui est contenu dans le récit. « Les danseurs ne seront pas Jésus Christ, Ponce Pilate, etc. Bach ouvre en nous des émotions particulières, il s’agit de montrer comment le corps est bougé, transporté, transformé, à l’écoute de cette musique. » Avec un dispositif de 5 danseurs et 7 musiciens, il se met ainsi en quête d’une résonance, celle du corps avec le texte, avec la volonté de capter le mouvement intérieur qui se produit chez le spectateur. Un mouvement qui intègre tout l’espace et qui l’amène à se poser des questions essentielles : qu’ai-je à voir avec ce qui est dit ? Suis-je en mesure de recevoir ce message ? Que signifie croire pour moi ? Au-delà de la question de la foi, ce que Laurent Chetouane interroge au final c’est cette forme de grâce furtive qu’on associe à l’acte créateur pur. (E.A.)
Photo © Benoît Fanton
Pour en savoir plus
- [Vidéo] Interview de Laurent Chetouane sur youtube
- Article sur le site Communicating Dance (EN)
- Écouter l’intégrale de la Passion selon Saint Jean de Bach
- Analyse de la Passion selon Saint Jean de Bach








