Second souffle
C’est l’une des artistes les plus réjouissantes de ces dernières années. Anna Calvi livre un rock rêche et hypnotique et promet une performance volcanique.
Anna Calvi a changé de statut : en moins de deux ans, elle est passée de l’artiste prometteuse, dont Brian Eno et Nick Cave disaient le plus grand bien, à une artiste confirmée, sûre de son fait et surtout de son propos. On le sait, le petit bout de femme très attachant, bien que distant, puise à deux sources, Edith Piaf et Jeff Buckley, de quoi alimenter des chansons d’inspiration rock à la fois denses et épurées. Mais elle sait aller plus loin, et son second album, même s’il s’inscrit dans la suite logique du précédent, nous conduit vers des formes plus aventureuses, à la limite de l’avant-garde. Quand on l’interroge sur Ennio Morricone ou Scott Walker, elle s’amuse en poussant un petit rire amusé du fait que ses influences puissent paraître évidentes, mais surtout elle insiste sur le cheminement qui l’amène à exprimer avec plus de conviction encore ses émotions propres. Ceux qui l’ont vue en concert lors de sa tournée fleuve en 2011, vous l’affirmeront : on tient sans doute là l’une des plus belles artistes de la période. Ceux qui la découvrent maintenant ne tarderont plus à se laisser convaincre. (E.A.)
Photo : Roger Deckker









