Quand elle était enfant, Cille Lansade était fascinée par la fin du monde. Entourée de ses poupées, elle s’inventait mille scénarios de survie. What remains se déroule dans un studio de cinéma parce que cela semble pour Cille être un endroit idéal pour recréer le monde, “parce que les films et les scénarios apocalyptiques ont façonné notre imagination en même temps que le cinéma de Méliès a sculpté notre croyance en la fantaisie et la magie” .
La pièce s’ouvre sur un grand fracas. Un décor de cinéma s’est effondré, la poussière se répand sur la scène et un groupe de personnes émerge des ruines. C’est une équipe de tournage : musicien·nes, cameramen·woman, ingénieur·euses du son, scénaristes et machinistes. En dehors de leur huis clos, c’est la fin du monde et, dès lors, iels décident de faire ce qu’iels font le mieux : créer des images, des illusions, raconter des histoires. Avec ce qu’iels ont à leur disposition (caméras, micros-perches, peinture, papier vert et bleu, écrans…), chacun·e se met au travail. C’est un processus physique et parfois absurde, car ayant tout perdu, ils et elles ont perdu la logique de ce qui va avec quoi, leur mission est complexe. Il leur semble cependant que le meilleur départ, maintenant que tout est possiblement perdu, serait de reconstruire, d’une manière ou d’une autre, la Nature. Acrobates, danseur·euses et musicien·nes célèbrent cette nature naissante. Leurs gestes se répètent, se déploient. D’abord individuels, ils deviennent collectifs. À l’aide des matériaux dont ils et elles disposent, tous·tes tentent de réinventer un monde, fragile, mouvant, mais traversé par un puissant élan de renouveau.










