À la dérive
Le jazzmen suisse Tobias Preisig manie son violon en virtuose et produit des sonorités voyageuses. Son dernier disque, Drifting, invite à accoster de nouveaux rivages sonores.
Tobias Preisig fait partie de la bouillonnante et passionnante nouvelle génération du jazz suisse, qui compte également parmi ses avatars des musiciens comme Stefan Aeby et Rusconi. Dans Transit, son précédent album, Preisig avait fait sauter les barrières entre jazz et rock alternatif, mêlant virtuosité instrumentale et immédiateté des intentions. Un disque marquant qui avait enthousiasmé la critique et avait fait de Preisig un musicien incontournable. Avec Drifting, le Suisse s’attache davantage aux atmosphères, à la musique pure, travaillant les sonorités et les sensations pour une dérive au fil des infinies possibilités du son, jusqu’à accoster des rivages inconnus. Dérive dans laquelle il entraîne ses trois acolytes, Stefan Aeby, justement, (piano), André Pousaz (basse) et Michi Stulz (batterie), derrière lesquels il accepte de disparaître, et le spectateur, qui doit accepter de lâcher prise. Un voyage aux confins des genres, qui semble cette fois plus apaisé. À découvrir d’urgence sur scène.
Photo © Kohei Yamaguchi









