L’art du portrait
Le metteur en scène venu du cirque Aurélien Bory écrit pour la danseuse et chorégraphe Kaori Ito. Une rencontre entre deux univers et deux artistes fascinants pour un spectacle d’une saisissante beauté.
Sur le papier déjà, la rencontre entre ces deux artistes s’annonçait passionnante. Jongleur de formation, originaire de Colmar et installé à Toulouse, Aurélien Bory découvre avec le metteur en scène Mladen Materic qu’on peut inventer son propre théâtre. Le sien sera hybride, entre cirque et performance, et porte une grande attention aux espaces et aux corps qui s’y déploient. On se souvient tout particulièrement de Azimut, spectacle mystique avec le groupe acrobatique de Tanger et de Sans objet, duo burlesque et inquiétant avec une immense machine.
Avec Plexus, il rend un vibrant hommage à Kaori Ito, danseuse et chorégraphe japonaise si singulière, qui a fasciné Alain Platel, James Thierrée, Angelin Preljocaj et Philippe Découflé. Sa gestuelle si unique, à la fois mécanique et déliée, fait d’elle une apparition étrange et un peu surréaliste. Pourtant, sa présence charnelle est saisissante.
Dans la région, on l’a vue en 2012 avec son spectacle Island of no memories, où elle était en prise avec de lourdes cordes, symboles d’un passé dont il faut se libérer. Aurélien Bory la fait à nouveau évoluer dans une toile de milliers de fils, tantôt soumise comme une marionnette, tantôt envolée et libre. Il dresse un magnifique portrait, entre danse, cirque et performance, de celle dont il résume ainsi la force : « Plus jeune, elle voulait être Sylvie Guillem et comme c’était impossible, elle est devenue Kaori Ito. »
Photo © Aglae Bory
Pour en savoir plus
- Le site d’Aurélien Bory
- Le site de Kaori Ito
- Critique du spectacle dans Les Inrocks…
- … et dans Le Monde









