Et si notre corps était un millefeuille dont chaque couche porte l’empreinte d’un ancêtre ? Et si, en nous, résonnait l’histoire de celles et ceux qui nous ont précédé·es ? Dans cette création, Louis Gillard explore l’héritage laissé par sa grand-mère, maître d’Ikebana.
L’avant-veille de sa disparition, il lui promet d’aller planter un arbre au Japon en son honneur. À son arrivée à Kyoto, une étrange sensation l’envahit. Comme si ce voyage n’était pas sa première rencontre avec le Japon, mais la continuité d’un lien intime que son aïeule tisse avec ce pays, un fil invisible qu’il vient prolonger.
L’ikebana, art floral japonais, rejoint selon lui la danse sur ses fondements essentiels : dans le rythme, l’équilibre et l’attention. Cette révélation le conduit à s’interroger : et si son désir de danser n’était pas seulement le fruit de sa volonté, mais l’expression d’une transmission inconsciente ?
Sur une scène où le ciel se matérialise par une conception traditionnelle d’ikebana suspendue, Louis Gillard mène l’enquête. Vêtu d’un kimono composé de petits morceaux, symbole de ses aïeux, il danse avec intensité. Il fait d’une encre de Chine le prolongement de son corps, dessinant la fragilité et l’impermanence du vivant. Autour de lui, des fragments, manipulés par des marionnettistes, se fondent, se brisent, s’enflamment, rendant ses ancêtres fragiles, impalpables, fantomatiques, entre mémoire et disparition.










