Prenez place dans ce drôle de concert animé par une étrange diva, une créature bruyante et irrévérencieuse prénommée La Tête. Dressée sur un pied à roulettes, avec une bouche en caoutchouc orange, quelques boulons apparents, un cerclage de métal tordu tout autour de son visage et deux balles de ping-pong à la place des yeux, elle est une marionnette robotique bricolée, étonnamment passionnée de chant.
Entourée de neuf choristes, des bouches géantes aux couleurs éclatantes perchées sur de longues tiges d’acier, elle traverse une multitude de registres : de la chorale classique au rock, en passant par l’ensemble vocal façon human beatbox. Volubiles et véloces, toutes claquent, vibrent, et suivent le tempo à l’unisson jusqu’au moment où le chœur se rebiffe et réclame, à son tour, la lumière.
Dans ce joyeux tumulte, Cécé, régisseuse aussi investie que maladroite, tente de suivre la cadence de ce groupe du troisième type. Équipée d’une télécommande géante, elle lance les morceaux et s’efforce de contenir les débordements.
Conçue par le plasticien et créateur sonore Thomas Sillard, La Tête est une machine effrontée et touchante. Elle chante avec sincérité, s’emporte bien souvent contre ses choristes, harangue le public. Et c’est sans doute là que réside tout son charme : dans sa simplicité brute, directe, punk, profondément vivante.










