Baùbo, tel un chagrin d’amour
Puisant sa sève dans le mythe antique de Baùbo, Jeanne Candel raconte à sa façon, musicale et burlesque, la fin du deuil et la pulsion de vie. À coups d’images fulgurantes, elle donne forme à son spectacle comme se tissent les fils d’un rêve, sur la musique de l’un des premiers maîtres du baroque allemand, Heinrich Schütz.
Dans une mise en scène tout en symboles, Jeanne Candel raconte l’histoire d’une femme qui vient de vivre une grande passion amoureuse. Elle est en deuil, dans le charnier de son amour, entourée de ruines. Son lamento sans fin donne à entendre, de l’intérieur, sa souffrance. Et soudain tout bascule, le récit cède la place à la pulsion et au rire. « Si le spectacle était un tableau, dans la première partie, nous le regardons à distance et voyons une image, explique la metteuse en scène. Sa matière, toile et pigments. » Les corps, alors, se libèrent et agissent. Dans un entrelacement de musique et de théâtre, neuf artistes convient à de cocasses visions : un défilé de duègnes espagnoles qui tiennent sur leurs têtes des oeufs, L’Origine du monde de Courbet qui se dévoile entre des cuisses, des personnages qui s’agrafent sur le mur dans d’acrobatiques positions… Un langage des rêves sublimé par les Passions de Heinrich Schütz, librement revisitées par le directeur musical Pierre-Antoine Badaroux. Après Le Crocodile trompeur la saison dernière, Jeanne Candel, artiste associée à la Comédie de Colmar, est de retour avec un spectacle follement vivant.
- Durée : 1h40
- De et avec Pierre-Antoine Badaroux, Félicie Bazelaire, Prune Bécheau, Jeanne Candel, Richard Comte, Pauline Huruguen, Pauline Leroy, Hortense Monsaingeon et Thibault Perriard
- Scénographie : Lisa Navarro
- Costumes : Pauline Kieffer
- Assistant costumes : Constant Chiassai-Polin
- Création lumière : Fabrice Ollivier
- Collaboration artistique : Marion Bois et Jan Peters
- Régie générale et plateau : Sarah Jacquemot-Fiumani










