Théâtre toujours
Stéphane Braunschweig met en scène la pièce testamentaire de Pirandello, nécessaire et toujours actuelle interrogation sur la place du théâtre et de l’art dans la vie.
3e incursion de Stéphane Braunschweig en terrain pirandellien. Après Vêtir ce qui sont nus, créé au TNS en 2006, et Six personnages en quête d’auteur à Avignon en 2012, il s’attache à la pièce testamentaire de l’auteur, dont il connaît désormais bien les enjeux. Les Géants de la montagne raconte les errances d’une troupe d’acteurs, qui veut absolument faire entendre au monde la parole et la pièce d’un jeune poète mort tragiquement. Elle est même prête, devant son refus à l’écouter, à la jouer devant les géants de la montagne, une caste dominante invisible dont la brutalité évoque le pouvoir fasciste, que Pirandello ne critiqua après avoir été, dans un premier temps, séduit.
Dans ce texte qu’il considère comme son chef d’œuvre et qu’il laissera inachevé, Pirandello traverse à nouveau ses thèmes fondamentaux : les frontières incertaines entre le réel et l’imaginaire, le rôle et la responsabilité de l’artiste dans la société. Ici, s’affrontent ainsi Ilse, meneuse de troupe poussée par sa foi en la poésie et sa culpabilité à l’égard de l’auteur, et Coltone, magicien à la tête du village qui préfère éviter de regarder la réalité. Dans une scénographie dépouillée et avec 14 acteurs, Stéphane Braunschweig livre, contrairement à ses habitudes, un spectacle clairement ancré dans l’époque. (S.D.)
Photo : Elisabeth Carrecchio
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