Destin d’un trader
Dans The Rake’s Progress, l’opéra de Strasvinsky mis en scène par David Bobée, le héros finit toujours en enfer. Mais, époque oblige, le libertin est devenu un trader.
Igor Stravinsky est installé depuis près de dix ans aux Etats-Unis, quand il commence à composer The Rake’s Progress (La carrière du libertin) en 1948. Une série de huit gravures du peintre William Hogarth (1697-1764) vues à Chicago, lui ont inspiré le thème : la descente aux enfers d’un jeune homme faible et cupide. L’action se passe dans l’Angleterre du XVIIIème siècle. Tom Rakewell qui rêve de devenir riche sans travailler, part à Londres pour récupérer un providentiel héritage. Il laisse derrière lui Anne Trulove sa fiancée et entame dans une vie de débauche avec la complicité de l’inquiétant Nick Shadow, son valet pervers. Manipulé et ruiné, Tom finit par jouer son âme aux cartes avec son valet qui se révèle être le diable.
Cet opéra en trois actes dont le livret est écrit par W.H. Auden et Chester Kallman, est considéré comme la dernière œuvre néoclassique de Stravinsky. A sa création en 1951 à Venise, à la demande du compositeur, c’est Elisabeth Schwarzkopf qui tient le rôle d’Anne Trulove.
« Stravinsky a fait un opéra contemporain avec une forme ancienne » souligne Jean Deroyer, qui dirige l’orchestre national de Normandie dans la nouvelle version de The Rake’s Progress. La mise en scène est de David Bobée, le jeune directeur du Centre dramatique national de Haute-Normandie qui signe là son premier spectacle lyrique. Il a actualisé le propos en transposant l’action de The Rake’s Progress à nos jours. Sur fond d’écran géant, le libertin Tom Rakewell interprété par le ténor britannique Benjamin Hulett, est devenu un trader. Qui finit mal forcément. (C.I.)
Bonus
David Bobée parle de The Rake’s Progress (FR)









