À 18 ans, Kaori Ito quitte le Japon pour poursuivre son rêve, celui de devenir artiste. Bien avant elle, sa grand-mère a aussi traversé les frontières, mais dans des circonstances tout autres. En 1937, elle suit son époux en Chine, en Mandchourie, alors sous domination japonaise. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle se voit contrainte de fuir, abandonnant tout derrière elle.
Dans cette création, la chorégraphe interroge la place des femmes dans l’histoire des migrations et le poids des non-dits transmis de génération en génération. Sur scène, dans une atmosphère surréaliste, la comédienne Catherine Germain incarne une femme qui a choisi de partir de son pays et qui, désormais, s’y sent presque étrangère. À ses côtés, un percussionniste, une interprète issue du classique et du contemporain, ainsi qu’un danseur mêlant création contemporaine et breakdance, incarnent tour à tour une myriade de personnages. Ensemble, ils et elles traversent les époques et les territoires. Comme pris dans un cycle sans fin, iels rejouent sans cesse des situations et reproduisent des schémas familiaux.
Pour écrire ce texte, Kaori Ito a puisé dans son histoire personnelle, dans celle des comédien·nes, et dans les témoignages recueillis auprès du public dans le cadre de Micro-Trottoirs. Au gré des voyages et des exils familiaux, elle met en lumière des trajectoires, choisies ou subies. Des parcours qui infusent encore aujourd’hui dans nos identités, nos mémoires et nos vies.










