Jusqu’à présent, les marionnettes de Renaud Herbin étaient muettes. Dans ce nouveau projet, l’artiste leur donne souffle et voix. Dans un monde cabossé, ses petits personnages choisissent la ruse pour ne pas céder à la peur.
D’abord plongées dans une forme de torpeur, les figurines à fils s’animent soudain, chacune à leur tour, traversées par des forces invisibles qui éveillent leurs sens. Sursauts, tiraillements, tremblements, elles s’agitent sous nos yeux et laissent affleurer une multitude d’émotions, du désespoir à l’émerveillement, du courage à l’abandon, de la surprise à la colère.
Très vite, elles mettent en place des rituels. Une langue s’invente, faite de prédications, de formules magiques et d’enchantements. Les marionnettes parlent, murmurent, prient à haute voix. Assis·es autour de la scène, dans un dispositif quadrifontal, les jeunes spectateur·trices deviennent ainsi leurs confident·es.
En véritable cheffe d’orchestre de ce monde, la manipulatrice Marta Pereira passe d’un personnage à un autre avec une grande virtuosité. À ses côtés, la percussionniste Anna Fiveiska accompagne les mouvements, en souligne les élans et amplifie les pulsations de ces créatures. Toutes sont à la fois drôles, absurdes, décalées, parfois cruelles. Elles ont un point commun : elles affirment la douceur comme une puissance, une manière d’exister et de se relever.










