Laissez-moi travailler !
Andreï Tarkovski a connu les honneurs et la gloire à l’étranger, mais fût mis à l’écart dans son pays.
C’était une bête de travail. Un réalisateur qui mettait les mains dans le cambouis, qui se battait contre la bureaucratie d’un système régi par une main de fer. Un homme qui rêvait d’une datcha en-dehors de Moscou. C’était Andreï Tarkovski (1932-1986). Pour ses films, comme Andreï Roublev, Solaris, Le Miroir ou Stalker, il fut couronné par de nombreux prix. Mais en Russie soviétique, c’était autre chose. Son quotidien, c’était les formulaires de subvention, une bataille constante, la nécessité de se justifier… C’était recevoir des listes entières du gouvernement de choses à modifier dans ses films, et essuyer de nombreux refus. Il s’est accroché, il a continué à travailler, à mettre en place des projets, à se plonger dans la littérature et surtout, s’est appliqué à ne jamais abandonner.
Il voulait toujours être occupé, actif. Dans ses journaux intimes, il couche par écrit ses idées, son pays, sa famille, son environnement. Son soutien, c’était sa seconde femme, Larissa. Mais chaque défaite, chaque rejet des autorités lui pesait un peu plus sur les épaules. C’est alors qu’il partit de Russie en 1983 et dût abandonner sa famille.
Aujourd’hui, Simon Delétang s’intéresse à l’homme Tarkovski. Qui il était. Il l’habille de paroles critiques, de mots personnels. A travers ses films et autres enregistrements, un personnage se dessine, un homme qui regardait le monde avec sensibilité et un regard acéré. Un artiste qui racontait l’histoire d’un pays entier à travers le portrait d’un seul Homme. Venez le rencontrer, venez vous faire une idée de cet artiste.
Julien Gaillard, Texte original
Extraits de textes d‘Antoine de Baecque et d‘Andreï Tarkovski
Simon Delétang, Mise en scène
Avec
Hélène Alexandridis
Thierry Gibault
Stanislas Nordey
Pauline Panassenko
Jean-Yves Ruf
Photo : Jean-Louis Fernandez









