Retourner la Terre
Imaginez le monde comme un jardin… Dans cette édition 2018 du Theaterfestival Basel, les artistes s’emparent d’une bêche et déterrent des racines profondément ancrées afin que nous puissions réfléchir ensemble à de nouvelles façons de croître et de prospérer. Côte à côte avec Nick Steur, Alain Platel, Kate McInthosh, (LA)Horde, le Proton Theatre, Mamaza et bien d’autres formidables créatifs, nous nous métamorphosons en paysagistes de nos sociétés.
Le Theaterfestival n’a pas sa langue dans la poche cette année. Dans les jours à venir, on parlera ouvertement et en toute sincérité du monde. Comme dans un immense jardin, nous pouvons nous réjouir de découvrir des talents hors du commun (et de les voir éclore sur scène), tenter d’éliminer les mauvaises herbes politiques et sociales, discuter des moyens de parvenir à une croissance fabuleuse et réfléchir à la façon dont chacun peut se faire sa place au soleil. Ici, nous sommes à la fois jardiniers et visiteurs et, à la fin, nous repartons avec un bouquet assemblant soif de savoir et virtuosité.
Le programme promet le monde : lors de sa performance, Nick Steur va par exemple tenter d’empiler des fragments de roche les uns sur les autres ; dans Minefield, nous faisons l’expérience de la guerre entre l’Argentine et la Grande-Bretagne ; avec Somewhere at the Beginning, nous nous immergeons dans la vie de la chorégraphe Germaine Acogny ; Alain Platel nous attend avec sa version d’une marche funèbre de Mozart ; le collectif To da Bone nous enseigne le Jumpstyle ; dans Oorlog 6+, nous essayons d’expliquer la guerre aux enfants ; avec Garden State, nous créons un état utopique au moyen de centaines de plantes en pot en provenance du voisinage bâlois et nous avons la possibilité de réfléchir conjointement à notre cohabitation ; avec Imitation of Life, nous nous penchons sur la politique hongroise ; nous nous envolons pour le Mexique, nous jouons au poker avec l’économie mondiale… Ateliers, tables rondes et échanges sont au programme. Un voyage autour du monde et une invitation à le déterrer et à le redessiner. Alors, dans cet esprit : que le jardinage commence !
Photo : Dorothea Tuch
Pour en savoir plus
Interview [FR] szenikmag avec le collectif (LA) HORDE (présentation « To da bone » au Theaterfestival Basel les 8 et 9 septembre 2018 à la Kaserne Basel.
La sélection Szenik :
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Monument O – Haunted by wars (1913-2013)
Eszter Salamon, le 29 août à 20h30 et le 30 août à 19h30, Kaserne BaselComment inciter les hommes à la guerre ? La chorégraphe hongroise Eszter Salamon s’intéresse aux danses guerrières et se penche sur plus de 60 danses en provenance de 5 différents continents dans sa création. En se basant sur les conflits du siècle dernier, elle échafaude un « grand huit » historique de rituels et de religions et laisse foi et colère danser en rythme sur scène. Photo : Ursula Kaufmann
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Requiem pour L
Alain Platel & Fabrizio Cassol, le 2 sept. à 19h30, Theater BaselLa mort est le personnage principal de cette création. En réinterprétant le Requiem de Mozart, Alain Platel et Fabrizio Cassol offrent à cette composition renommée la compagnie de divers instruments. Ceux-ci la dénaturent, la testent. Une danse macabre, avec des musiciens et des danseurs originaires du Congo, du Brésil, d'Afrique du Sud et d'Europe, voit alors le jour sur scène tandis que nous assistons au plus près aux derniers instants de vie d’une certaine « L ». Photo : Chris van der Burght
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Ontroerend Goed, les 3 et 4 sept. à 17h20, Junges Theater BaselBienvenue à la table de poker des machinations ! Les plus riches d’entre les riches ouvrent un casino de l'économie mondiale et vous invitent à y prendre part. Vous tenez les ficelles du monde entre vos mains. Vos cartes et vos mises vous permettent de décider de la vie de millions de personnes. Naturellement toujours en leur faveur, n’est-ce pas ? Alors n’oubliez pas de prendre quelques liquidités avec vous et de jeter un dernier coup d'œil aux gros titres de votre quotidien. Photo : Michiel Devijver
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Rebota, Rebota y en tu cara explota
Agnés Mateus & Quim Tarrida, le 5 sept. à 19h00 et le 6 sept. à 21h00, Roxy BirsfeldenAgnés Mateus se penche sur l’image actuelle de la femme et sur les meurtres de femmes espagnoles au cours des dernières années. Il est temps de mettre un terme aux plaisanteries que les femmes sont censées ne pas comprendre au prétexte qu’elles seraient dépourvues d’humour ou trop sensibles ; il est temps d’en finir avec les représentations gentillettes des mères et des filles. L’artiste ne mâche pas ses mots et accuse Disney et nos sociétés. Parce que, oui, la violence et le dénigrement au quotidien ont besoin de mots et de gens qui les prononcent. Photo : Quim Tarrida









