Le jazz en vis-à-vis
Avec le festival Jazzdor, le jazz grandit encore et encore, découche parfois la nuit, bref il s’émancipe…
Avec Jazzdor, le jazz s’affirme toujours un peu plus comme un genre musical vital. Vital parce qu’il reste dominant, y compris dans ses extensions soul, funk, rhythm’n’blues et même rock ou électroniques. Vital parce qu’il explore sans cesse de nouvelles voies. Vital parce qu’il se régénère au contact des musiques de la planète toute entière. Vital parce que chacun va y trouver quelque chose qui l’interpelle intimement. Vital parce qu’il vit sa vie, émancipé de toute contrainte, avec nous ou en vis-à-vis, dans une relation d’échanges nourrie. Le festival Jazzdor nous fait vivre ce jazz-là, sage et noble, jeune et espiègle, traditionnel et moderne ; il nous le restitue dans ce qui constitue son essence même, mais le confronte aussi pour notre plus grand bonheur à d’autres sources, comme c’est le cas cette année avec un spectacle consacré à Bashung. Cet immense artiste, on le sait, avait le jazz en lui – même s’il affichait des inclinaisons plus rock, du fait de ses écoutes des stations allemandes dans les années 60 –, en tout cas, une attitude jazz, c’est-à-dire élégante et subversive. En cela, de l’inscrire dans la filiation des Chet Baker, John Coltrane ou Miles Davis est en plus d’un pari audacieux une idée sublime, émouvante à bien des égards, en cela qu’elle crée de nouveaux liens, de nouveaux sillons, tout en éprouvant nos certitudes les plus ancrées. Le jazz sert à cela aussi, non ? Vital, disions-nous ? (E.A.)
Photo : Laisse venir © Michel Nicolas









