La candeur à l’état brut
La jeune et prometteuse Québecquoise Joëlle Saint-Pierre maîtrise l’art de faire valser sa plume aussi bien que les baguettes de son vibraphone.
Elle n’a que 20 ans, et pourtant Joëlle Saint-Pierre apparaît de plus en plus comme l’une des grandes figures de demain. Cette native de Saguenay, au Canada, a conquis son public par des textes d’une finesse surprenante. Artiste multi-fonctions, pianiste, percussionniste, claviériste, vibraphoniste, elle apparaît sur scène comme un véritable caméléon instrumental. Dès l’âge de quatre ans, la jeune s’est éprise de différents instruments et ne s’en est, depuis, plus détachée. Sa personnalité spontanée et timide lui donne ce charme candide qui séduit d’emblée et sa voix aux sonorités cristallines ajoute à ses morceaux une vraie douceur. Avec un sens profond de la poésie, elle dégage une certaine légèreté qui révèle auprès de son public toute la subtilité de ses mélodies. En s’inspirant de l’univers de l’immense Tom Waits, auquel elle emprunte ce goût du jeu et de la facétie musicale, elle se livre à nu, sans détours, avec cette prise de risque qui la met constamment en danger, comme si elle jouait sur le fil du rasoir. Elle le fait avec un certain détachement, ce qui la rend irrésistible, et en même temps elle se révèle telle qu’elle est, un personnage grave et délicat qui n’a pas fini de nous émouvoir. (J.M.)









