Don’t touch me, please!
Le thérémine a traversé le XXe siècle avec ses instants de gloire. Pamelia Kurstin revalorise la pratique du seul instrument qu’on ne touche pas.
Question à 100 balles : qu’est-ce qui lie les Bee Gees, Aerosmith et le compositeur Edgar Varèse ? Tic tac tic tac, on ne voit pas ? L’utilisation du thérémine, bien sûr. Je vous l’accorde, on n’imaginait pas trop les Bee Gees ni même Aerosmith s’adonner aux joies de cet étrange instrument, inventé en Russie peu de temps après la Révolution d’octobre, en 1917 donc. D’autant plus qu’il s’agit là d’un des plus anciens instruments électroniques, dont la particularité est de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste. En effet, le son naît d’un signal électrique généré par un oscillateur, ce qui fait que la seule présence des deux mains à proximité des antennes verticale et horizontale – l’une pour la note, l’autre pour la hauteur de la note –, permet de jouer sans contact. De nombreuses partitions ont été écrites pour le thérémine, dans le domaine de la musique contemporaine, mais récemment de jeunes musiciens se sont montrés intéressés par ses étonnantes capacités. Parmi ceux-ci, l’Américaine Pamelia Kurstin (également connue sous son nom de jeune fille, Stickney) est passée d’un répertoire adapté à partir des œuvres de Schoenberg ou Rachmaninoff à des contribution plus pop comme lorsqu’elle a accompagné l’ex-Talking Heads David Byrne, Yoko Ono ou Sébastien Tellier. Ses prestations scéniques en solo prouvent l’actualité d’un instrument envoutant qui n’a pas livré tous ses secrets. (E.A.)
Pour en savoir plus
- Pamelia Kurstin joue de son thérémine et parle de son instrument dans une conférence TED
- Interview de Pamelia Kurstin sur le site de Skug (DE)









