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Les Parisiens

Olivier Py
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Théâtre de Liège (Liège) | 02/09/2017 - 03/09/2017 | 2 rep.
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Paris, Paris, c’est le paradis ?

Dans cette mise en scène, Olivier Py fait tomber le masque de la capitale, et montre ce qui se cache derrière la façade. Il dévoile une décadence hypocrite qui se balade sur les boulevards haussmanniens.

 

Pour ce qui est du tourisme, des cartes postales et des photos Instagram, Paris est un bon client : entre la Tour Eiffel qui scintille, le joueur d’accordéon sur le Pont des arts et la lumière évanescente qui entoure les cheminées les soirs d’hiver, il y a de quoi faire. Pour les Parisiens, c’est une ville à éviter au mois d’août, un réseau de bus à rendre fou, un lieu où l’on porte la bourgeoisie hipster comme un étendard. 

Olivier Py, homme de théâtre, directeur de festival, mélomane et, pour certains, provocateur confirmé, montre un autre Paris dans sa nouvelle création : le Paris des chambres de bonnes, le Paris qui rêve d’art et de pouvoir, où les boulevards ne sont pas sûrs, le Paris du politiquement incorrect et où, même en position de pouvoir, on a le moral six pieds sous terre. 

Au centre du propos se trouve Aurélien, un jeune auteur ambitieux qui entame une liaison avec un chef d’orchestre, mais qui est également séduit par un poète à la Baudelaire. Avec lui et d’autres personnages hauts en couleur mais non moins réels, ils prennent la capitale d’assaut et boycottent le Paris des cartes postales. Le temps d’un soir, l’auteur aborde plusieurs thèmes sensibles : la culture, la politique, le théâtre, les questions de société, la sexualité, les questions d’identité et de religion… Se crée alors un monde tempétueux qui va submerger le public, avec des dialogues fournis et un décor très imposant (comment pourrait-il en être  autrement avec M. Py ?). On a parfois envie de crier « Bien dit ! » , on a envie de rire, de participer à la conversation, et, en même temps, on se laisse hypnotiser par ce départ de feu. 

Cette création, dont le texte a été publié l’an dernier, s’apprête à prendre d’assaut les théâtres européens, et à très certainement ouvrir des dialogues pendant et après les représentations. Quoiqu’il en soit, on ne peut que tirer notre chapeau devant une telle sincérité et une telle présence. Vous nous en direz des nouvelles. (J.L.)

 

Avec

Jean Alibert, Moustafa Benaïbout, Laure Calamy, Céline Chéenne, Emilien Diard-Detoeuf, Guilhem Fabre, Joseph Fourez, Philippe Girard, Mireille Herbstmeyer, François Michonneau

Olivier Py, Texte et mise en scène

Pierre-André Weitz, Décors, costumes et masques

Festival d’Avignon, Production

Théâtre de Liège, Coproduction

 

Photo : Christophe Raynaud de Lage

 


Tags :théâtre

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