Le récit d’un homme inconnu

A. Tchekhov, A. Vassiliev
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TNS (Strasbourg) | 08/03/2018 - 21/03/2018 | 12 rep.
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L’amour est-il un jeu ?

Des hommes, leurs bien-aimées, des titres russes et de l’amour, voilà un cocktail gagnant ! Anatoli Vassiliev, metteur en scène à renommée internationale, a décidé de chercher dans cette histoire de Tchekhov quelques notes d’espoir, ainsi que ces choses qui nous raccrochent à la vie et nous permettent d’aimer.

 

Il n’y a pas de saison théâtrale sans Tchekhov ! Et c’est encore mieux quand il ne s’agit pas de La Mouette ou des Trois Sœurs, mais d’une histoire qu’on voit très rarement sur les planches. Le metteur en scène russe Anatoli Vassiliev et de retour à Strasbourg (l’an dernier, il y avait présenté Médée-Matériau de Heiner Müller), avec Le Récit d’un homme inconnu.

C’est l’histoire de Stepan, ou plutôt du noble Ivanovitch, révolutionnaire, qui décide de se faire passer pour un valet pour s’introduire dans la maison d’Orlov, et pour en apprendre plus sur le père de celui-ci, un homme d’Etat qu’il déteste. Mais c’était sans compter sur la maîtresse d’Orlov, Sinaida, qui vient bouleverser le quotidien de la maisonnée. Elle emménage chez son amant, qu’elle intimide littéralement à coups de « Mais où étais-tu passé ? », etc, etc.

Vassiliev pose son regard sur tous ces personnages qui risquent leur vie ou la bouleversent, et se pose la question de leurs motivations. Comment peut-on aimer quelqu’un si profondément, puis le haïr ? Direction le Théâtre national de Strasbourg pour trouver ensemble la réponse.

Avec Valérie Dréville, Sava Lolov, Stanislas Nordey et Romane Rassendren

 

 

« Ce qui m’intéresse, au travers de ce texte, c’est de m’interroger, de manière générale, sur ce qui advient dans la société actuelle. Que se passe-t-il avec les idées radicales ? Et avec les gens qui véhiculent et adhèrent à ces idées, qui sont devenus des fanatiques ? Qu’arrive-t-il à notre société ? Vers quelle fin cela nous mène-t-il ?

 

Ce qui m’a frappé, à la lecture de cette nouvelle, ce qui m’a le plus touché, c’est la fin. Tout va vers le nul, le néant. D’où vient cette immense fatigue, cette vieillesse du coeur prématurée, qui fait que tout peut être anéanti, dans une indifférence générale ?

 

Que peut-il advenir entre le cynisme absolu d’Orlov, distant de tout sauf de son confort, et le terrorisme révolutionnaire dont rêve Vladimir Ivanovich [« l’inconnu » qui se fait engager comme valet sous le nom de Stepan] ? Quand les deux extrêmes, radicalement opposés, sont pris de la même fatigue, ça crée une filiation entre eux, un lien : on peut presque dire qu’ils appartiennent à la même famille, sont issus d’un même père.

 

Et on voit cette terre, ce même sol — ce terreau qui a généré ces deux extrêmes — où un arbre a poussé, mais dans lequel il n’y a plus de sève. Il n’y a plus de vie, tout se dessèche et les feuilles tombent. »

 

Anatoli Vassiliev
extrait d’un entretien réalisé par Fanny Mentré le 19 avril 2017 au TNS

 

Photo : Jean-Louis Fernandez


Tags :théâtre - TNS

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