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It’s going to get worse and worse and worse, my friend

Lisbeth Gruwez
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Pôle Sud (Strasbourg) | 18/11/2015 - 20/11/2015 | 3 rep.
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KVS (Bruxelles) | Le 01/05/2019 à 20h00

La guerre des mots

L’immense danseuse belge Lisbeth Gruwez chorégraphie et interprète la violence de la parole.

Attention, égérie ! Incomparable, singulière et sidérante, on se souvient d’elle dans les pièces de Jan Fabre, dans Tant que le monde a besoin d’une âme de guerrier et Je suis sang. Et puis dans Quando l’uomo principale è una donna, solo magistral entre danse et performance plastique, qu’elle chorégraphie avec le maître belge et où elle se débat, nue, dans une mare d’huile. Après avoir prêté son allure, sa présence et sa gestuelle bien au delà de la technique aux créations des autres, Lisbeth Gruwez développe depuis 2007 son propre langage chorégraphique. À l’instar des illustres Belges avec qui elle a travaillé, c’est un langage « qui projette le corps sur la ligne de front », comme elle le définit elle-même, usant de l’image de l’infanterie, aux avant-postes de la bataille avec son corps. Infanterie ou Voetvolk, en flamand, le nom de sa compagnie. Où l’on retrouve l’image du guerrier chère à Jan Fabre.
Le sien, de corps, androgyne, délié et fascinant, habillé pour l’occasion par la styliste Véronique Branquinho, est ici seul en scène. Ses gestes rythment l’un des discours du télé-évangéliste Jimmy Swaggart, mais ces mots pourraient être ceux d’un autre. Martelés, répétés, remontés (on est proche ici de la poésie sonore), ils sont sortis de leur contexte pour former des phrases universelles. La gestuelle, elle, s’inspire de celle de prédicateurs politiques et religieux. Associés, les mots et les gestes jouent sur la fascination, mélange de séduction et de peur, que le discours et l’orateur exercent sur l’auditeur. Et seule une guerrière comme de Lisbeth Gruwez pouvait ainsi « danser l’extase du discours ». (S.D.)

 


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