Cycle Chostakovitch

Dmitri Chostakovitch, Joseph Haydn, Marko Letonja
31 janvier 2019 | 01 février 2019 | Strasbourg | Palais de la Musique et des Congrès

En mode mineur

Le cycle Chostakovitch de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg ouvrira ses portes le 24 janvier 2019 et fera entrer en résonance, lors du deuxième des trois concerts prévus, les Symphonies n° 49 et n° 14 d’Haydn et de Chostakovitch, respectivement en fa et en sol mineur.

 

Les notes de la symphonie La Passion, dont le titre ne vient même pas de Joseph Haydn lui-même, résonnent de manière douloureuse et sombre. Matérialisée par des sauts d'intervalles puissants et une rythmique différenciée par des syncopes, la Symphonie n° 49 se singularise avant tout par ses tonalités en fa mineur totalement inhabituelles pour l’époque.

La Symphonie n° 14 de Chostakovitch constitue elle aussi une œuvre emblématique, hantée par la mort, que le compositeur a composée en sol mineur mélancolique. Grâce au chant dramatique du basse Dimitry Ivashchenko et aux notes incisives de la soprano Ekaterina Bakanova, la musique parvient à établir un lien avec la mort, que, par exemple, l’écrivain russe et ami de Chostakovitch, Alexandre Soljenitsyne, qualifierait d’athée. Dmitri Chostakovitch est probablement l'un des plus grands et des plus éclectiques compositeurs du 20e siècle. Pour être en mesure d’appréhender sa musique, il est nécessaire de la situer dans le contexte de sa vie, de son environnement social, de la situation politique, de l’incroyable cruauté avec laquelle le parti communiste a imposé son credo idéologique mais aussi par rapport à la manière subtile dont Chostakovitch est parvenu à relier ses pensées les plus intimes avec les exigences du réalisme socialiste. Haydn et Chostakovitch ont tous deux compris de manière tangible comment emporter l’auditeur dans un obscur tourbillon mêlant noirceur et ombres, rédemption possible ou transcendance salvatrice. Quelle forme devrait maintenant revêtir la représentation de la fin absolue, en l’absence d’un au-delà ou d’une transfiguration ? Une rhapsodie sombre comme base d’un cycle de trois concerts avec l’Orchestre philharmonique.

 

Programme 

Haydn, Symphonie n° 49 en fa mineur, La Passion 

Chostakovitch, Symphonie n° 14 en sol mineur op. 135 

 

Marko LETONJA direction musicale

Ekaterina BAKANOVA soprano 

Dimitry IVASHCHENKO basse

 

 

Photo : Giacomo Orlando

 

Mots clés : classique - OPS - PMC
Pour en savoir plus
  • De plus amples informations sont disponibles sur le site  de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg
  • Avant-propos musical par Daniel Payot de 19h à 19h45 :
    La Symphonie n°14 de Chostakovitch - Une évocation rhapsodique de la mort

 

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